Contrairement à une idée parfois répandue, le petfood-score ABCDE avec codes couleur n’est pas une innovation récente ni une création française. Ce type de système trouve ses origines il y a plus de vingt ans aux États-Unis, dans des communautés en ligne cherchant à simplifier l’évaluation des croquettes pour chiens et chats.
À l’époque, l’objectif était de proposer une lecture rapide des produits, en attribuant des lettres (A à E) associées à des couleurs, souvent inspirées des codes visuels du type vert, orange, rouge. Cette approche visuelle donnait une impression de clarté et de rigueur, alors qu’elle reposait en réalité sur des critères très discutables.
Une construction sans fondement scientifique solide
Les premiers petfood-scores ABCDE ont été élaborés sans validation scientifique, sans consensus vétérinaire et sans méthodologie reconnue. Ils reposaient principalement sur des interprétations personnelles de la composition des aliments.
Un des critères les plus utilisés était déjà le taux de glucides, considéré comme un indicateur déterminant de qualité. Or, comme aujourd’hui, ce taux n’était pas directement disponible sur les emballages et devait être estimé à partir de calculs indirects.
Ces estimations, souvent approximatives, ont servi de base à des classements présentés comme objectifs. En réalité, il s’agissait d’une simplification extrême d’un domaine complexe, où de nombreux paramètres interagissent.
La diffusion mondiale d’un modèle simpliste
Avec le développement d’Internet et des réseaux sociaux, ce modèle de notation s’est largement diffusé. Des centaines de variantes du petfood-score ABCDE ont vu le jour dans différents pays.
Chaque version a introduit ses propres règles, ses propres seuils et ses propres interprétations. Pourtant, le principe reste le même : attribuer une note rapide à un produit en se basant sur quelques critères, souvent dominés par la question des glucides.
Cette multiplication des scores renforce une illusion de fiabilité. En réalité, elle met en évidence une absence totale d’harmonisation et de validation.
Une focalisation excessive sur les glucides
L’un des points communs de ces systèmes est la place centrale accordée aux glucides. De nombreux petfood-scores pénalisent fortement les aliments considérés comme “trop riches” en glucides, sans prendre en compte le contexte global.
Cette approche ignore des éléments essentiels :
- La qualité des matières premières
- L’équilibre global de la ration
- La digestibilité des ingrédients
- Les besoins spécifiques de l’animal
En isolant un seul critère, ces scores donnent une vision biaisée de la réalité nutritionnelle.
Des conséquences concrètes sur la santé animale
L’utilisation massive de ces petfood-scores ABCDE n’est pas sans conséquence. De nombreux propriétaires modifient l’alimentation de leur animal uniquement en fonction d’une note ou d’une couleur.
Ces changements peuvent être réalisés sans transition, sans analyse approfondie et sans tenir compte des besoins individuels de l’animal. Cela peut entraîner des troubles digestifs, des déséquilibres nutritionnels ou une perte de repères dans le choix des aliments.
Le risque principal réside dans la confiance excessive accordée à un outil qui ne repose sur aucune base scientifique solide.
Une confusion entretenue sur l’origine du concept
Il est important de rappeler que ce type de notation n’a jamais été développé dans un cadre scientifique structuré, ni dans un contexte académique français. Son origine est informelle, issue de pratiques communautaires américaines datant de plusieurs décennies.
Aujourd’hui, des centaines de personnes à travers le monde continuent d’utiliser et de diffuser ces scores, parfois en les présentant comme des références fiables, ce qui entretient la confusion auprès des consommateurs.
Conclusion
Le petfood-score ABCDE avec codes couleur est une construction ancienne, née aux États-Unis il y a plus de vingt ans, sans fondement scientifique reconnu. Sa diffusion mondiale a amplifié son impact, malgré ses limites importantes.
Face à ces outils simplistes, il devient essentiel de privilégier des approches basées sur l’analyse, la compréhension et la mise en contexte des informations nutritionnelles. La santé des animaux dépend de décisions éclairées, et non de classements arbitraires.